Zen

Pourquoi pratiquer l’assise ?

Se lever le matin et commencer la journée par 25 minutes d’assise en silence a quelque chose de profondément punk, dans un monde où la vitesse, sinon la précipitation, dominent.

Cet exercice de l’immobilité totale et du silence complet permet de faire l’expérience : le corps est le domaine du calme, alors que le mental est le domaine de l’agitation. Pas besoin de pratiquer depuis des semaines, des mois ou des années pour vivre cela. Tout est là. Il suffit (!) de quitter le domaine du mental pour en faire l’expérience.

La pratique vous amène à faire l’expérience du calme, du silence, de la paix. Que faut-il faire ? Rien ! Juste accueillir ce qui se présente… L’attention à « JeInspire » quand j’inspire… l’attention à « JeExpire » quand je expire… « et quand j’arrive à ce point où le souffle va et vient de lui-même, tout en moi se calme », disait un moine zen.

La voie de l’action

Si le zen s’est diffusé grâce à la venue de maîtres japonais en Occident (et notamment Deshimaru en France), d’autres personnes ont été au Japon apprendre auprès des maîtres. C’est le cas de Karlfried Graf Dürckheim. Né en 1896, docteur en psychologie et en philosophie, Dürckheim part au Japon en 1938 en tant que diplomate. Il s’agit surtout pour le régime nazi d’éloigner une personne aux origines juives, donc indésirable. Dès son arrivée, KGD s’intéresse au zen et travaille avec Daisetz T. Suzuki et d’autres maîtres zen. Il « apprend » le tir à l’arc et zazen. Au moment de rentrer en Allemagne, son maître Kenran Umeji Roshi l’invite à transmettre cette pratique en Europe. KGD ouvre alors un centre de thérapie initiatique à Rutte, en Allemagne, où il s’entoure de plusieurs collaborateurs.

Jacques Castermane rencontre Dürckheim en 1967 lors d’une conférence à Bruxelles, et le rejoint pour suivre son enseignement pendant plusieurs années, avant d’ouvrir en 1981 le centre Dürckheim à Mirmande, dans la Drôme, inauguré par Dürckheim. Ce dernier décède en 1988.

« M’intéresse dans le zen ce qu’il recèle d’universellement humain », disait Dürckheim. Ainsi, Zazen, cette « ascèse vivifiante », selon les mots de Jacques Castermane, est au coeur de la pratique.

En revanche, elle est détachée des traditions japonaises (kimono, kesa, rituels spécifiques, etc.). Il a aussi fallu inventer d’autres exercices que ceux pratiqués par les Japonais comme l’ikebana, le tir à l’arc, la cérémonie du thé (chado), etc. Pour accéder à cette dimension corporelle de la pratique, passer du « corps j’ai au corps que je suis », Dürckheim et Jacques Castermane ont développé des exercices simples permettant aux occidentaux de faire l’expérience du calme et du silence.